Robert Castel : L’insécurité sociale

 

Biographie : Robert Castel reçoit à la base une formation de philosophe, matière dans laquelle il acquit l'agrégation en 1959. En 1980, il devient docteur en lettres et sciences humaines. Jusqu'en 1990, il enseigne dans le milieu secondaire, puis à l'université avant de devenir directeur d'études à l’EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales) et directeur du Centre d'Etudes des Mouvements Sociaux en 1995. Parmi ses plus grands ouvrages, on trouve Métamorphoses de la question sociale(1995), Propriété privée, propriété sociale, propriété de soi (2000), et enfin son dernier ouvrage L’insécurité sociale publié en 2003.

 

Introduction

 

            Il existe deux types de protection. Les protections civiles, qui veillent à la sécurité des biens et des personnes, et les protections sociales, qui doivent protéger l’individu face à la dégradation de son statut social. Nous vivons aujourd'hui dans l'une des sociétés les plus sûres. La sécurité sociale est devenue un droit dont bénéficie l'immense majorité de la population.

Cependant, partout, les préoccupations sécuritaires restent omniprésentes et le sentiment d'insécurité persiste.

« Qu'est-ce qu'être protégé » aujourd'hui, telle sera la problématique de l'auteur, qui tentera d'y répondre en montrant que nos sociétés sont construites sur un terreau inégalitaire dans lequel les individus sont incapables d'assurer seuls leur protection.

 

1°Chapitre

           

            L’homme à l'état naturel est sauvage et vit dans une société caractérisée par l'absence totale de sécurité. Pour répondre à un besoin de sécurité, il doit se réunir en groupe, en collectif. Ces regroupements sont l'une des premières formes de vie en société. L'homme ressent donc naturellement un besoin de sécurité et le sentiment d'être sécurisé est indispensable pour le développement de la société. Cependant, cette sécurité a un coût et l'égalité, gage de sécurité, se fait aux dépens de la liberté.

Un organe supérieur aux individus est nécessaire pour appliquer cette sécurité, c'est la nécessité d'un État, qui peut, si besoin est, user de la violence de façon légitime pour faire respecter l'ordre et la sécurité (définition de l'état de Max Weber).

L'individu protégé par l'État devient indépendant. Cette indépendance va se traduire par la progression de son autonomie personnelle et surtout de ses conditions de travail, qui sont un gage de sécurité face aux aléas du quotidien.L’Etat se doit donc de faire régner l'ordre en protégeant les individus, ce qui sous-entend également la protection de leurs biens, de ce qu'ils possèdent, de leur propriété. L'État doit promouvoir deux types de sécurité : d'une part, la sécurité civile ou protection des personnes et de leurs droits, et d'autre part, la sécurité sociale ou l'assurance de la propriété gage de revenus permettant aux individus de se protéger face aux aléas du quotidien.

Cependant, entre liberté et sécurité il faut faire un choix : la sécurité absolue n'est possible que dans un état sans liberté individuelle : c'est-à-dire un état totalitaire. L'État de droit assure la sécurité mais est limité dans son action par la liberté des individus définie par le droit et contrôlée par la justice. Donc, dans un état de droit, l’insécurité existera toujours. Qui plus est, le gage d'indépendance proféré par l'État dans nos sociétés modernes va se traduire par une hausse de l'individualisme, qui entraîne une baisse du lien social, qui était à la base une forme de sécurité de proximité. L'État se retrouve donc seul pour assurer la sécurité.

Aujourd'hui, les individus réclament de plus en plus de sécurité au point qu'on parle d'un délire sécuritaire. Mais ils veulent également de plus en plus de liberté, or pour appliquer la sécurité l’État doit empiéter sur les libertés individuelles. Il y a donc un problème, car les individus se sentent menacés par la baisse de leur liberté sans pour autant éprouver plus de sécurité. C'est un cercle vicieux qui entraîne un sentiment d'insécurité croissant.

 

2°Chapitre

 

            Il existe deux formes d'insécurité : l’insécurité civile ou l’existence dans un état de non droit et l’insécurité sociale qui est l’incertitude face à  la capacité d'assurer sa subsistance et donc son statut social.Le problème de l'insécurité sociale, qui existe depuis longtemps, est ignoré par la société post-révolutionnaire industrielle au profit du développement de la propriété privée. L'État et la société se développent autour de la doctrine libérale, c'est-à-dire en protégeant la propriété privée et en fermant les yeux sur l’injustice et l’insécurité sociale qui frappent le peuple. Cette insécurité du peuple déclenche une incapacité à se projeter dans l'avenir (milieu 19° siècle, phénomène de paupérisation) et les individus survivent jour après jour. L'État de droit fait le choix de la liberté aux dépens de l'égalité.

Les non- propriétaires, les travailleurs sont des citoyens de seconde zone n’ayant pas droit à la sécurité sociale.La protection sociale de l'État moderne arrive véritablement au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale avec le changement du statut du travailleur. Tout travail donne droit à des garanties face aux risques sociaux tels que la maladie, la vieillesse, assurant ainsi le maintien du statut social de l'individu en cas de perte de ses revenus. Tout travail donne droit à un salaire et une partie de ce salaire est prélevée en prévention des risques sociaux et des besoins futurs (retraite, maladie, chômage...). C'est la cotisation salariale. Tout arrêt du travail entraînant une perte de revenus est couvert par l'argent prélevé précédemment, et donne lieu à un salaire indirect.

Ces mesures prennent réellement effet au lendemain de la seconde guerre mondiale avec l'avènement de l'État social ou l'Etat providence, qui élargit la prévention contre les risques sociaux. Cependant des inégalités subsistent tant au niveau du salaire, que du prestige social. Le but de la protection sociale n'est pas de faire une société égalitaire au sens communiste du terme, mais plutôt une société de semblables avec une base sociale commune, un socle de droit commun, protégeant les individus contre les risques sociaux. Cette atténuation des clivages sociaux facilite les relations d'interdépendance entre les individus de différents milieux sociaux et favorise le lien social.

L'État joue ici un rôle central, il est le protecteur, le fédérateur de ces acquis sociaux contribuant au développement des protections sociales et des services publics. Mais cela ne peut se faire que sous deux conditions.D'une part, il faut que la croissance soit durable permettant ainsi de partager les fruits de cet enrichissement et de pouvoir anticiper face aux futurs risques sociaux, l'État étant là pour jouer le rôle d'arbitre et donne les directives.D'autre part, il faut que l'individu s'inscrive dans un groupe entraînant une sécurité sociale renforcée :  ce dernier s’engage auprès des partenaires sociaux pour inscrire la défense de ses intérêts dans un collectif donc dans une force supérieure, institutionnalisée.

Mais cet interventionnisme de l'État à un coût limitant son action.

 

3°Chapitre

 

            À partir des années 1970, les institutions de protection des individus (l'État, les partenaires sociaux et les classes sociales) s'effritent.

Tout d'abord, par la mise en échec de l'État interventionniste de type keynésien face à l'internationalisation des économies et des concurrences (échec de la politique de relance Mauroy en 1981). Le contrôle de l'économie revient donc aux entreprises et aux marchés. Dans cette optique, l'État devient même une gêne à la productivité et à la rentabilité de l'entreprise à cause du poids des charges sociales et les salaires élevés, qui font suite à une période de politique keynésienne. D'autre part, l'homogénéité du groupe de collectifs d'individus définis par des caractéristiques sociales communes (CSP) et les autres instances de régulation collective (syndicats, groupe d'intérêts...) s'effrite en raison de la poussée du chômage et des inégalités intra catégorielles.

Les rapports entre les individus et les rapports vis-à-vis du travail en sont profondément affectés. On assiste à une individualisation des rapports, à une décollectivisation des intérêts ayant pour effet une forte hausse de l'insécurité. Cette hausse de l'individualisme se voit dans les méthodes de production : chaque employé devient une unité de production flexible et adaptable à part entière suivant les méthodes de production issues du ohnisme et non plus du fordisme. De même, les trajectoires professionnelles sont altérées et on ne reste plus une vie entière dans la même entreprise. L'évolution et la promotion sociale des individus en sont donc affectées. On assiste ainsi « à une mise en mobilité générale » des relations du travail.

Mais cette individualisation entraîne surtout une baisse de la protection puisque l'individu n'est plus durablement inscrit dans un système de régulation collective. Il y gagne en autonomie, en liberté mais il se retrouve également livré à lui-même dans un contexte de concurrence accrue et en proie au chômage. Qui plus est, nous ne sommes pas également armés face à ces menaces. Les plus forts réussiront à mettre leur qualité en avant tandis que les plus faibles se retrouveront démunis, surtout s’ils ne peuvent plus se retourner vers les organisations collectives, qui étaient pour eux une source de protection collective. Ces derniers vont donc vivre dans l’insécurité sociale, dans la peur continuelle de perdre leur emploi, seule source de revenus dont ils disposent. Il se crée alors deux grandes classes : celle des inclus ou de ceux qui réussissent à vivre dans cette nouvelle forme de société et étant relativement en sécurité, et les autres, les exclus en proie à l'insécurité sociale et totalement désocialisés (vivant hors des instances de socialisation, dans le cas présent le travail). Ces exclus sont des « collections d'individus » qui ont en commun le partage d’un même manque.

Ce groupe des exclus et les sous-groupes qui le compose est uniquement fondé sur des bases négatives et sur des individus avec des origines et un passé très disparates qui ici empêchent de parler de collectifs normalement définis par des caractéristiques communes (la classe ouvrière, la classe bourgeoise). Les individus exclus se sentent seuls, livrés à eux-mêmes. Ce sentiment d'incertitude et d'insécurité personnels, mais il entraîne un sentiment général qui donne lieu à des revendications communes entre ces individus différents mais réunis par le même manque de sécurité. C'est un ressentiment général d'insécurité sociale donnant naissance à une frustration collective en quête de responsables et de boucs émissaires. Cette recherche représente un danger pour la paix sociale, c'est pourquoi ces collections d'individus sont qualifiées par l’auteur de « classes dangereuses ».

Les victimes sont généralement des individus issus de milieux populaires diplômés mais avec un niveau de qualification faible et ces derniers sont aucunement certains de trouver un emploi à la sortie de leur école. Il y a donc une déqualification de masse, qui entraîne un chômage de masse puisque ces diplômés représentent plus de 20 % de la population de jeunes diplômés chaque année et dont une partie va venir nourrir la catégorie des exclus.

Additionné à l’incertitude, il faut ajouter le sentiment d'être laissés-pour-compte. Ces deux sentiments sont les principaux facteurs de la montée du sentiment d'insécurité aujourd'hui. Ces individus en marge de la société sont la vitrine de ce que cette dernière peut faire de pire et captent en ce sens l’attention, car ils incarnent la dangerosité de la société moderne. Ces classes sont donc d'une part dangereuses et d'autre part stigmatisées, montrées du doigt.

Pour répondre à cette insécurité sociale, l'État va souvent au plus simple est au plus spectaculaire en traitant ce problème comme une hausse de l’insécurité civile, c'est-à-dire en se transformant en « État gendarme » garant de la paix civile au quotidien. Mais cela ne résout en rien le problème de la sécurité sociale cause des troubles de la paix sociale.

 

4°Chapitre

 

            Aux risques sociaux classiques s'ajoutent aujourd'hui d'autres risques liés au développement des sciences et technologies (risques sanitaires, écologiques, technologiques...). Nous vivons ainsi, selon Ulrich Bech, dans « la société du risque » qui rend incertain l’avenir de notre société moderne tout entière. Ces nouveaux risques viennent s'ajouter aux risques sociaux connus augmentant l'insécurité et l'incertitude.

Pour répondre aux risques naturels, l'homme a recourt à l'assurance. Les membres se prémunirent face aux risques et cotisent en prévention du coût de ces derniers. C'est un système de répartition des coûts basé soit sur un modèle solidariste (assurances classiques), soit sur un modèle mutualiste (mutuelles et assurances complémentaires). Mais celles-ci ne permettent pas de prévoir et de se prémunir contre tous les risques car certains de ces derniers sont imprévisibles et incalculables. Le problème est qu'à force de chercher à se prémunir contre les risques, on créé une culture du risque selon Anthony Giddens : on cherche à se prémunir coûte que coûte, quelque soit les dangers.On en arrive même au stade où, pour limiter les risques, on tente de les anticiper et de prendre des mesures allant dans ce sens en invoquant le principe de précaution. La culture du risque entraîne la recherche d'une société sans risque ou société du risque zéro. Ceci est totalement impossible et ampute la possibilité de se voir un jour protégé.

De plus il n'existe pas d'instances pour sanctionner ceux qui créent du risque ou bien permettant de se protéger collectivement. Il faut donc se tourner vers des assurances privées pour se prémunir face aux risques, ces dernières surenchérissant les phénomènes sur un marché très porteur voire infini. La prévention du risque n'est plus une affaire collective mais personnelle, l'individu y fait face seul. Il s'individualise donc encore plus.

Une raison de plus à celles citées antérieurement fait qu’il y a une crise des instances de protection. L'État social a créé une forme d'assistanat des individus leur permettant de se reposer uniquement sur eux-mêmes (protégés par l’Etat), se libérant ainsi des systèmes de protection collectifs que l'auteur appelle « système de protection rapprochée ». Lorsque certaines formes de protection sociale s'affaiblissent, l'homme devient soucieux d'en perdre d'autres, il devient inquiet face à l'avenir, mais il devient également exigeant car il a été habitué à un minimum de garanties sécurisant son quotidien.

Être protégé devient naturel pour l'homme, il a intégré, a intériorisé le principe de protection par le biais de l'État qui joue le rôle de protecteur. Au moment où la protection se fragilise, il paraît alors naturel de revendiquer auprès de l'État de droit d'être protégé contrairement à l'idéologie néolibérale.

 

 

5°Chapitre

 

            Pour conclure, l'auteur se pose la question suivante : comment combattre l'insécurité sociale ?

Pour lui, cela passe d'abord par la résolution de la crise financière de la Sécurité Sociale afin d'éviter qu'il n'y ait plus d'inactifs que d'actifs. Il faudrait également que cette dernière délivre des prestations de façon anonyme, mais mieux adaptées en fonction des situations, plus personnelles. Il faut des prestations plus flexibles définies à partir des besoins sociaux de chaque individu autour d'un projet contractualisé afin de motiver et d'activer les bénéficiaires qui ne seront plus en situation d'assistanat (ex : le contrat d'insertion).

Mais ces mesures ont un coût : elles sont stigmatisantes pour les individus qui en bénéficient (Rmistes, Smic ars…). D'autre part, il est difficile de demander à un individu avec de faibles ressources de s'investir énormément dans un projet aux débouchés incertains, voir faibles.

Ces dernières années le concept de solidarité s'est dégradé. La tendance fait que l'État ne devrait plus que reverser des aides aux plus démunis et uniquement à ces derniers pour leur assurer un filet de protection, l'ultime source de revenus pour survivre. La cohésion sociale en prend un coup.

Le régime actuel insatisfait car il est réformé peu à peu en laissant parfois des zones de non droit où situations non prises en charge par les réformes. Il faudrait créer une réforme capable d'assurer une continuité des droits de ses ayants droits, comme un régime homogène de droit complétant les couvertures assurantielles collectives. Ces aides ne doivent cependant en aucun cas légitimer les inégalités. Ses ayants droits doivent disposer d'un minimum de ressources pour se projeter un minimum dans l'avenir, d'un suivi psychologique, d'une reconnaissance sociale pour assurer leur indépendance afin de les aider à redevenir des citoyens ordinaires ou des « semblables ».

Il serait également intéressant de créer des collectifs d'insertion, avec un financement privé et totalement indépendants, regroupant les agences publiques d'aide à l'emploi, de lutte contre la pauvreté et l'exclusion. Mais il ne faut pas que cet échange devienne marchand ou soit basé sur le principe de la méritocratie.

Tous ces mesures traduisent des droits : droit à la santé, droit au logement, droit à la dignité..., universels afin d'éviter toute exclusion complète et définitive de la société.

Le travail, malgré son changement de statut, continu de donner accès à une protection au travers de cotisations couvrant ainsi 90 % des Français, y compris ceux qui ne travaillent pas (chômeurs, retraités). Le travail a gardé une place centrale.

Mais comment garantir une continuité dans la protection dans une situation d'hyper mobilité du travail ?

Pour cela, il faut conférer les droits issus du statut de l'emploi aux travailleurs. C’est selon A.Saupiot que cite Robert Castel, « l'idée d'un état professionnel des personnes, qui ne se définit pas par l'exercice d'une profession ou d'un emploi déterminé, mais englobe les diverses formes de travail que toute personne est susceptible d'accomplir durant son existence », ceci   afin d'assurer une continuité des droits. Mais cette situation poserait beaucoup de problèmes difficiles à résoudre pour qu’elle soit applicable aujourd'hui. Il faudrait, par exemple, que la mobilité de l'emploi (entre deux emplois ou au sein de l'évolution de sa carrière) n'entraîne pas une perte de ressources ou une dégradation du statut, afin de concilier mobilité et protection.

Autre proposition, que chaque période entre les emplois ne soit plus considérée comme une interruption de carrière, mais en devienne une partie intégrante. On favoriserait ainsi la formation, la reconversion et cela rendrait les individus plus flexibles face aux évolutions du marché de l'emploi.

Le travail est toujours autant une source d'incertitude face à l'avenir mais qui ne semble pas catastrophique. Nul ne sait si la situation actuelle du travail et ses impératifs de rentabilité, de protection des travailleurs, et des capitaux va s'installer ou bien évoluer notamment face à la prise de conscience du « burn out » par les chefs d'entreprise et managers, ou bien encore face aux évolutions du marché surtout à la vue des évolutions démographiques.

L'objet ici n'est pas de prédire l'avenir, mais de tirer un constat sur l'imprévisibilité de ce dernier, qui évoluera en fonction de notre volonté de le maîtriser et des moyens mis en oeuvre pour se faire.

 

Conclusion

 

            L’homme a toujours exprimé le désir des protégés face à l'avenir. Aujourd'hui, il n'a jamais été autant protégé et pourtant le sentiment d'insécurité persiste voir est relancé. La démarche de l'auteur débouche sur sa volonté initiale de, d'une part « dénonçait l'inflation du  souci de sécurité » car le risque zéro n'existe pas et le mythe d’une société entièrement sécurisée empêche la possibilité de se sentir protégé et empêche finalement de vivre.Et d'autre, part  « d’affirmer l'importance essentielle du besoin de protection » car la protection des individus est l'essence de la vie en société, et la sécurité sociale est à l'origine de la création d'une société de semblables interdépendants et égaux, c'est-à-dire à l'origine de la démocratie.